Sculpture Monumentale Besanceuil 2012

Dans les espaces extérieurs de la galerie qui dominent un vaste panorama du Clunysois roman, sept artistes sont présents autour de Mark di Suvero, tous formés à l’école de La Vie des Formes, chantier international de création expérimentale créé par di Suvero et Marcel Evrard. Parmi les œuvres exposées à Besanceuil, beaucoup y ont été créées et la réalisation de la plupart d’entre elles a nécessité un important engagement matériel de la galerie.

Mark di Suvero est représenté par trois œuvres, Dessin brûlé, Gauguin et la Fontaine des Amours. Il explore sans cesse des pistes nouvelles. Par son équilibre et ses formes, Gauguin en une parfaite illustration. La Fontaine des Amours est une esquisse pour un projet monumental dans une grande ville française. Ces sculptures présentées à Besanceuil dégagent une énergie peu commune. On y retrouve surtout un sens unique du monumental qui peut provenir de la taille de la sculpture, mais plus encore de sa densité. On peut voir deux autres sculptures de di Suvero récemment installées par la galerie dans le Nord de la France, à Valenciennes.

Patrice Belin vit et travaille dans le Puy-de-Dôme. Artiste qui a longtemps travaillé la pierre de sa région d’origine, le basalte d’Auvergne, Belin produit des œuvres de petite dimension qui associent de plus en plus l’acier à la pierre. Mais c’est surtout dans le grand format, et en particulier dans la « sculpture du paysage » qu’il s’exprime de la façon la plus personnelle. En témoigne sa monumentale et surprenante réalisation à Assouan en Haute Egypte où il a marqué de son empreinte toute une falaise de granit. Besanceuil en fournit un autre magnifique témoignage avec cette nouvelle sculpture de quatre éléments en acier parfaitement alignés, dont les plus hauts mesurent 4 mètres.

Serge Landois vit et travaille en Côte d’Or. Avec l’acier, il obtient la minceur et développe le porte-à-faux. Ses oeuvres jouent sur les ruptures d’équilibres qui donnent une dynamique au mouvement. Si les contours paraissent au premier abord abstraits, ils intègrent souvent des formes humaines ou animales en mouvement. A Besanceuil, est présentée Ibis.

Zoran Mojsilov vit à Minneapolis, Minnesota. Il travaille souvent d’énormes blocs de pierre en utilisant des outils de chantier, et intègre régulièrement le métal à ses œuvres, pour lier les différents éléments ou les enfermer dans une sorte de toile. Il a obtenu aux Etats-Unis de nombreuses commandes publiques. A Besanceuil sont présentées Christine’s stones et Bruno’s crement.

Alissa Neglia vit aux Etats-Unis où elle a réalisé de grandes œuvres en rondelles d’acier, sortes de dentelles. A La Vie des Formes, elle a réalisé la fleur que l’on peut voir à Besanceuil.

Georges Meurdra vit et travaille dans la Drôme. « Souvent, sa sculpture se hérisse, s’irrite. Elle est un éclatement, une explosion contrôlée, un chaos d’où naît le cosmos. Elle tourbillonne; elle tournoie; elle gravite; elle gire. Lorsqu’il crée une sculpture, il veut garder une spontanéité, une sorte d’inconscient, l’immédiat, le subit, l’imprévu, le soudain, le foudroyant ».

 

Jean-Patrice Rozand

CV

Il a lui aussi son atelier dans la Drôme. « Sans être un mathématicien, il est fasciné par les mathématiques, par leur élégante simplicité, par le juste, par la clarté, par l’évidence, par l’eurythmie, par la saveur de la concision et de l’incisif. Il réfléchit sur les courbes et les contre-courbes, sur la circulation des ombres. Pour lui, les mathématiques, la musique, la poésie se tissent. Il construit des jeux savants en grande dimension ». A Besanceuil est présenté un important ensemble d’une dizaine de ses œuvres.

 

C.G. Simonds

Il vit et travaille en Bourgogne et aux Etats-Unis. Lui aussi est présent à Besanceuil avec une dizaine de pièces. « Avec une dialectique narquoise, il unit des éléments dissemblables en un montage, en un défi. Il s’interroge devant un déséquilibre inattendu. Il tord le métal et (aussi) la pensée; il les courbe; il les cintre; il les torsade; il les force; il les gauchit; il imagine des nœuds étranges, d’immenses spirales qui roulent sur la pelouse. Ses œuvres s’imposent avec une simplicité apparente et avec l’agencement très complexe, très raffiné, des éléments. Elles possèdent une présence. Avec force, avec clarté et évidence, elles émeuvent. Elles s’emparent du territoire. Avec solidité, elles occupent le lieu. »

(les citations concernant Meurdra, Rozand et C.G. Simonds sont de Gilbert Lascault. Ils sont extraits du catalogue « Sculptures hautes, hiératiques » publié par la galerie Bruno Mory à l’occasion de l’exposition 2005-2006 au château de Cormatin, en Bourgogne du sud)