Eugène Leroy – œuvres sur papier

 

L’exposition s’est tenue à Besanceuil du 25 juin au 16 octobre 2010

(la galerie garde en dépôt une série d’oeuvres)

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Leroy – Années 1930 à 1950

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Leroy – Années 1960 à 1970

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Leroy – Années 1970 à 1985

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Leroy – Années 1985 à 2000

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Cette exposition a résulté d’une relation très ancienne avec Leroy et son œuvre, puisqu’elle remonte à 60 ans et au souvenir toujours vivace d’avoir vu en famille quelques unes de ses peintures. Elle s’est poursuivie au collège de Roubaix où Leroy a enseigné, et ne s’est jamais arrêtée puisque j’ai eu la chance de le rencontrer de nombreuses fois dans son atelier jusqu’à sa disparition en l’an 2000.

Pour celui qui a pu connaître l’homme et se plonger à fond dans son œuvre, il est difficile de dire ce qui est le plus marquant, de la personnalité de Leroy – un formidable humaniste – ou de l’exceptionnelle exigence de sa peinture.

Et ses travaux sur papier reflètent la même richesse.

Les amitiés accumulées au cours de ces années, le soutien des proches de l’artiste m’ont permis de rassembler un ensemble unique d’une centaine d’œuvres sur papier qui ont été exposées à Besanceuil.

Ce sont à la fois toutes les techniques que l’artiste a utilisées et toutes les époques de son œuvre qui ont ainsi pu être montrées au visiteur.

Ont en effet pu être rassemblés des gravures, des crayons, des fusains, des sanguines, des aquarelles, des gouaches, des techniques mixtes (gouaches et aquarelles, rehaussées de pastels, de fusains ou de craies), des acryliques et des huiles, tous travaux réalisés sur papier même si, pour des raisons de présentation, certaines œuvres ont été marouflées sur toiles, sur bois ou sur d’autres supports neutres.  

De même toutes les époques de son travail étaient représentées, depuis les années 1930, jusqu’aux dernières années de la vie de l’artiste, avec des ensembles cohérents de chaque période.

Eugène Leroy a longtemps été regardé par les amateurs pour sa peinture. Les dessins et les œuvres sur papier ont tout un temps été relativement occultés, même si quelques expositions en ont montré la richesse, en particulier trois remarquables : « L’œuvre gravée » au Musée de Gravelines en 1979, les « Dessins 1965-1990 » au Musée de Poitiers en 1990 et, plus récemment, le très bel ensemble des « Grands nus, couleurs, papiers 1979-1985 » à la Galerie de France en 2003.

Mais c’est sans doute la première fois que ce travail sur papier a été exposé dans son exhaustivité.

On retrouve, certes, dans ces œuvres les recherches qui ont animé la peinture de Leroy tout au long de sa vie : la vérité d’un autoportrait, l’excitation devant le corps féminin, le naturel d’un personnage dans le paysage, le travail sur la lumière – « lumière devant, lumière derrière », sa formidable passion pour la vie.

Mais, si le dessin et, plus généralement, les travaux sur papier sont indissociables de l’œuvre peinte chez Leroy, ils ont en même temps toute leur autonomie. Leroy ne dessinait pas pour préparer telle ou telle toile, pour étudier une composition. Il aimait la liberté que lui donnaient le papier, la plaque à graver, le fusain ou la gouache.

Comme il le dit lui-même, « Dessiner, c’est le geste. Saisir un geste. Surprendre un geste. Pourtant, le geste, en fin de compte, disparaît presque toujours ».

Ce champ d’expériences, il ne le limitait pas au fusain et l’appliquait à d’autres techniques. Ainsi, pour le citer de nouveau, « Les nus en gravure, c’est de loin ma manière d’aborder un monde plus imaginaire ».

L’exposition présentait des œuvres rares, telles les gravures que Leroy a travaillées de 1964 à 1972 et qui n’ont été tirées que par ses soins et en très petit nombre, ou encore les  techniques mixtes de grand format de la fin des années 70, encore jamais exposées et qui ont été restaurées pour l’occasion.

Elle s’est accompagnée d’un important catalogue de plus de 100 pages dans lequel on retrouve quelques belles photos de Marina Bourdoncle qui permettent d’entrer dans l’environnement intime de Leroy.

Cette exposition et cette publication ont constitué ma façon de rendre un hommage à Eugène Leroy, l’année du centenaire de sa naissance.